Les oubliés de l’assainissement des eaux usées

29-12-10 - partner: Le Soir

Près de 150.000 habitations wallonnes ne sont pas couvertes par l’épuration collective. Toutes les nouvelles constructions situées dans les zones d’assainissement autonomes doivent être dotées d’installation d’épuration individuelle. La Région wallonne a agréé deux systèmes d’épuration faisant l’objet d’une prime.

Après s’être (enfin) mis en conformité avec les directives européennes en matière d’épuration collective des eaux usées, la Wallonie doit encore régler le cas des zones non couvertes par l’épuration collective, lesquelles représentent environ 13 % du territoire wallon, soit, selon les sources, entre 130 et 150.000 habitations. Alors qu’il était initialement prévu que tous les particuliers dont l’habitation se situe dans ces zones d’assainissement autonome se dotent eux-mêmes d’une installation d’épuration individuelle d’abord pour fin 2009 puis, devant l’impossibilité d’y parvenir dans les temps impartis, pour fin 2015, le gouvernement wallon a finalement décidé que les propriétaires d’anciennes constructions seraient dégagés de toute obligation en la matière…

120 litres d’eaux usées par personnes et par jour !

Reste que, à l’instar des candidats bâtisseurs et rénovateurs, les propriétaires d’anciennes habitations auraient tout intérêt à se doter d’installation d’épuration individuelle dans la mesure où la Commission européenne ne devrait pas tolérer longtemps que des milliers de logements échappent aux obligations communautaires en matière d’épuration

Quotidiennement, chaque habitant wallon consomme en moyenne 120 litres d’eau claire qu’il rejette ensuite et qu’il convient de récupérer et d’assainir via une station d’épuration. A l’heure actuelle, les particuliers qui veulent bénéficier de la prime accordée par la Région wallonne (2.500 euros) doivent opter pour l’un des deux systèmes d’épuration agréés (sans quoi la prime régionale sera plafonnée à 500 euros) : les systèmes intensifs ou extensifs.

Les systèmes intensifs concernent les systèmes d’épuration avec traitement mécanique et oxygénation. Les différentes techniques sont les systèmes à biomasse fixée sur des supports fixes ou mobiles, les systèmes à biodisque, les systèmes à boues activées, etc. On parle alors de micro-station d’épuration. Les systèmes extensifs ont pour principe le traitement naturel via filtre planté, lagune, zone humide reconstituée, etc. sans intervention supplémentaire extérieure, qu’elle soit mécanique, chimique ou énergétique.

Chaque système a ses avantages et ses inconvénients. Les micro-stations sont plus compactes et, dans la mesure où elles sont livrées clé en main, nécessitent moins de main-d’œuvre. En revanche, elles sont particulièrement énergivores (en électricité) et nécessitent une vidange régulière des boues. Quant à l’épuration par lagunage, son seul véritable inconvénient concerne le prix : de 20 à 25 % plus cher à l’investissement qu’une micro-station (laquelle revient, en moyenne, à 4.000 euros TVAC). Par ailleurs, ces installations exigent plus d’espace et ne sont donc pas envisageables partout. Pour le reste, le lagunage ne comporte que des avantages dans la mesure où il s’agit d’une solution intégrée qui, outre ses performances reconnues en matière d’épuration, offre une certaine plus-value esthétique à l’habitation et à ses abords.

 

En pratique

Se renseigner au préalable Si on désire construire dans une zone rurale de Wallonie, il est conseillé de se renseigner auprès de l’administration communale dont dépend le village pour savoir si celui-ci se trouve en zone d’épuration collective ou individuelle. Dans le second cas, il faut que le candidat bâtisseur introduise un permis d’urbanisme où il mentionne le système d’épuration qu’il compte faire installer ainsi que sa localisation. La Commune rend généralement son avis dans les quinze jours. Si celui-ci est favorable, on peut alors procéder aux travaux. Lors du raccordement et avant l’enfouissement, le système doit faire l’objet d’un contrôle.