Le marché des bureaux souffre-t-il vraiment à Bruxelles ?

8/12/2022

Entre la pandémie qui a entrainé des habitudes de télétravail, la crise énergétique et le plan « Good Move » qui complique la vie des automobilistes, le marché des bureaux bruxellois tient-il encore bon ?

Frederic Paulussen

La société américaine JLL annonce que le marché de l’immobilier de bureaux a été particulièrement calme cette année : par rapport à l’année 2021 très faste, la prise d’occupation (320.000 m²) recule même de 33% ! Cette année se caractérise aussi par des transactions plus nombreuses, mais de petites tailles : 916 mètres carrés en moyenne, soit 37% de moins que l’an dernier.

Et les loyers ?

Les loyers sont en hausse de près de 5% dans le quartier européen qui, avec 330 euros par mètre carré et par an, reste le plus élevé. La plus forte progression revient cependant à la périphérie avec un bond de plus de 12% pour atteindre les 185 euros. "Cette zone bénéficie désormais d’une meilleure accessibilité, qui augmentera encore à l’avenir avec la prolongation du tram jusqu’à l’aéroport", explique Christophe Golenvaux, Senior Director chez JLL Belgique. Le lieu le plus prisé en périphérie est en effet le Brussels Airport ainsi que la gare de Diegem, appréciée des grandes sociétés de consultance.

Et pour l’avenir ?

Après cette année un peu terne, JLL s’attend à ce que 2023 soit marquée par une très nette reprise portée par la durabilité. "Nous arrivons en fin de cycle avec une inflation élevée et une possible récession, mais la situation actuelle dans l’immobilier est moins catastrophique que lors de la crise financière. Les financements sont disponibles et la recherche pour des immeubles durables va se poursuivre puisqu’ils présentent un sérieux avantage concurrentiel", prédit Kasper Deforche, CEO de JLL Belux.

La performance énergétique des bureaux dans la capitale constitue un défi de taille puisque le stock de bureaux occupés, à Bruxelles et dans sa périphérie, est estimé à 12 millions de mètres carrés dont plus de la moitié se compose d’immeubles de plus de 20 ans, potentiellement énergivores, conclut JLL.