Mila : “Plutôt ma fille dehors et les araignées dedans que l’inverse ?”

15/09/2021

Les araignées sont de sortie. On les trouve partout. C’est leur saison, que voulez-vous ! Et ça ne réjouit pas grand monde. Mais, moi, franchement, je ne leur en veux pas d’exister. Au contraire.

Quand je m’aperçois à temps qu’elles ont tissé une toile devant une porte, je me baisse pour passer, mais jamais, O grand jamais, je ne bousille leur travail pour les faire déguerpir. C’est que je les admire. Moi qui suis une fan du travail manuel, je suis trop impressionnée par leur talent que pour le balayer d’un revers de main.

Avez-vous déjà pris la peine de regarder la demoiselle tricoter sa toile ?

C’est tellement épatant. Et puis, c’est tellement joli, une fois que c’est fini. Quand je bois mon café le matin sur ma terrasse, j’adore observer leurs toiles perlées de rosée. Plus élégant et raffiné que ça, tu meurs.

Quand j’en trouve à la maison, hop ! je pose un gobelet par-dessus et je glisse un papier sous le récipient pour gentiment les ramener au jardin. Sincèrement, elles m’ennuient bien moins que les mouches qui pourraient me rendre folle à force de se poser sur l’écran de mon ordi ou de tourner autour de ma tête.

Injustement moches ?

Car finalement, si on leur en veut autant, c’est parce qu’elles sont moches, non ? Et c’est d’une injustice crasse. Petite, ma fille avait appris une chanson sur les araignées : « Je suis moche, qui voudrait de moi dans sa poche ? Qui voudrait de moi tout court ? Dès que l’on me voit, on s’en court ! ». Le fait d’avoir une mère copine avec les araignées et d’avoir fredonné petite une chanson qui les défendait n’a pas vraiment tranquillisé ma fille. Et ce n’est rien de le dire.

Telle mère, telle fille… Euh, en fait, non.

L’autre jour, elle pleurait dans sa chambre. Motif ? Une araignée grosse comme une poussière était accrochée au plafond. Elle exigeait qu’on s’en débarrasse. Sans quoi, elle n’irait pas dormir. J’ai tenté l’argument de valeur : on ne pouvait pas la tuer, c’était sûrement une maman elle aussi et ses bébés allaient pleurer de ne jamais revoir leur mamounette.

Mais ça n’a pas eu l’effet escompté…

Alors que je croyais qu’elle allait s’émouvoir, elle a crié de plus belle. Quoi ? Il y avait peut-être des bébés aussi ? Il fallait passer l’aspirateur partout ! Désolation. J’ai fini par aspirer la pauvre minuscule bestiole. Elle était trop haut, trop loin, pour que je puisse la sauver. Et franchement, j’avais sommeil. Soupirs.

Mais la prochaine fois, promis, c’est ma fille que je mets au jardin. Tellement plus épuisante parfois que les araignées du soir. Espoir !