Mila : « J’en ai eu plein les doigts en cherchant mon linge… Beurk »

08-06-21

Je fais partie des chanceux qui ont un jardin. Et qui, au fond de ce jardin, ont des cordes tendues sur lesquelles étendre le linge. A la belle saison, elles se parent de pinces à linge multicolores qui, de loin, sont autant de papillons figés…

Oui, en ce qui me concerne, parmi les plaisirs de l’été, il y a celui-ci de venir décrocher le linge, séché au grand air et imprégné des parfums d’herbes fraîches. Il me semble en effet toujours que le linge qui a pris le temps de sécher dehors porte en lui quelque chose de plus doux que celui qui a tourné dans le tambour du sèche-linge. Comme si des fragments de soleil y étaient restés accrochés. Comme si des éclats de ciel s’y trouvaient imprimés.

Ces cordes, les connaissez-vous vraiment ?

Ces cordes, que vous n’avez pourtant jamais vraiment admirées, avouez-le, possèdent une armature en acier qui leur permet d’éviter de plier sous le poids du linge mouillé. Quant à leur la gaine en pvc haute qualité, elle rend leur couleur inaltérable et empêche ainsi que votre petite robe blanche ou votre pantalon beige ne se retrouvent striés de lignes vertes, jaunes, bleues ou rouges. Simple et efficace.

Nostalgie…

Quand les enfants étaient petits, elles nous servaient aussi souvent à construire des cabanes. Quelques draps jetés par-dessus les cordes parallèles, et hop, le tour était joué. Il ne restait plus alors qu’à décider si on rentrait dans la caverne d’Ali Baba ou la cachette aux trésors de pirates impitoyables. Si l’on dit que la vie ne tient qu’à un fil, nos aventures estivales, elles, tenaient à quatre fils vert foncé, solidement accrochés à des piliers de béton.

Beuuuuuuuuuuuuuurk

C’est donc avec un plaisir non feint que je rassemblais l’autre jour les housses de couette séchées là. J’en étais à plier la troisième quand je mis les doigts dans un truc visqueux et mouillé. Frisson de dégoût. J’ai laissé tomber le linge pour regarder ma main, histoire de bien voir ce que mon cerveau avait déjà compris depuis 1 seconde.

Fiente de pigeon. Et pas qu’un peu. Sur toute la longueur de la housse de couette, de la merde (vous me pardonnerez l’expression, mais à un moment…). Deux possibilités : soit, un pigeon mitrailleur avait dû confondre mon linge avec une ligne ennemie. Artilleur myope. Soit, un malheureux pigeon s’était tapé une diarrhée fulgurante en plein vol et n’avait eu d’autres choix que de se lâcher sur mes draps. Vous me direz : peu importe finalement la raison du délit.

Finalement, serait-ce une bonne nouvelle ?

J’ai rassemblé ce que j’ai pu avec des essuie-tout et la housse malchanceuse est retournée faire un tour en machine. Moi je me suis dit que, peut-être, en fait, la chance tournait. D’habitude, les pigeons me chient littéralement dessus. Dans les cheveux ou sur le col de ma veste. Là, il y avait de quoi noter une progression dans le rééquilibrage de mon karma. Ah ! Que j’aime l’été et ses promesses de jours meilleurs !


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