Mila : « En un éclair, je n’avais plus accès à rien de ce qui fait mon quotidien »

02-04-21

Cette semaine, j’avais du boulot par-dessus la tête. A peine rentrée du bureau, je ressortais mes dossiers pour continuer à bosser. Mais hier soir, une panne de courant a anéanti tous mes projets.

Je suis restée une fraction de seconde interdite. Pas ce soir. Pas maintenant. J’ai allumé la lampe de poche de mon gsm et je me suis dirigée vers la fenêtre pour vérifier si le souci était chez moi ou dans ma rue. Le quartier était plongé dans le noir le plus complet et, même si j’ai trouvé ça flippant, j’ai été rassurée. Parce qu’en fait, j’ignore même comment on remet le courant.

Oui, je sais, je sais…

Je dois passer pour une vraie banane en vous l’avouant. Mais si les plombs venaient à sauter chez moi, je serais bien ennuyée. Certes, je sais où se trouve le tableau électrique, mais je n’ai même jamais pris la peine d’en ouvrir la porte. Faut-il relever tous les fusibles en même temps ? Les relever l’un après l’autre tranquillement ? Ne relever que le disjoncteur général ?

En fait, je n’ai jamais eu à m’en préoccuper….

Jusque-là, je restais planquée dans le canapé en attendant que l’amoureux descende courageusement à la cave et rétablisse la lumière. Oui, je reconnais : je suis encore souvent dans une vision très basique des choses. Pas si loin de l’Homme De Cro Magnon. « Toi, femme, attendre que moi, homme prenne risques pour trouver feu. » Sauf, que là, femme être seule désormais.

Je veux apprendre !

Je me suis promis que, dès ce week-end, j’irais observer le tableau électrique pour ne plus être prise au dépourvu. J’ai pensé à une des scènes-cultes du film Les Visiteurs. Quand l’assistante du président Edgar Bernay se saisit de l’extincteur pour éteindre la bague du Hardy qui flambe. Devant l’inefficacité de Jacquard, elle s’époumone : « Mais c’est simple comme bonjour, ce truc ! Il est bête comme chou ce garçon ». J’ai peur d’en être là. Mais j’assume. Complètement. Et puis, d’ici peu, j’aurai comblé mes lacunes.

Quoi qu’il en soit, je n’ai plus pu travailler.

Malgré les bougies allumées, je n’y voyais pas assez clair que pour être efficace. J’ai donc décidé que cette panne était une invitation à lâcher prise et je suis montée me coucher. Quelle drôle de vie nous vivons là. En un éclair, plus accès à rien de ce qui fait notre quotidien. Moi qui pensais passer à la brosse à dents électrique tout bientôt, j’ai changé d’avis. Ce soir-là, de la mousse plein la bouche, j’ai trouvé ma brosse à dents si particulièrement adorable que j’ai décidé de renouveler mes vœux la concernant. Sauvée !


Retour aux nouvelles