Mila : « L’ahurissant mode de vie de ma collègue ! »

31-03-21

J’ai été passer l’après-midi chez une collègue. On avait décidé de prolonger nos papotes de la pause de midi en mode tranquilou. J’étais sur la route quand j’ai reçu un sms : « ne sonne pas au numéro 30. Appelle-moi quand t’es là ». J’avais pourtant dû encoder son adresse dans mon gps et c’était bien le numéro 30 qu’elle m’avait indiqué comme le sien…

J’ai donc téléphoné à mon arrivée et elle est venue me chercher. Comme un bon petit agent immobilier, elle s’est tournée vers les deux maisons mitoyennes devant lesquelles nous étions et elle a commencé ses explications. Au 32, on est chez ses parents. Au 30, on est chez ses grands-parents. A l’arrière de la maison, en contre bas du jardin, deux appartements. Côté 32, c’est chez sa sœur. Côté 30, c’est chez elle. Il ne m’est venu qu’un seul mot : au secours !!

Horreur ! Tout sauf ça !

Elle trouvait ça trop génial et je pense qu’elle espérait que j’en pense tout autant. Mais non, non, non. Je ne trouvais pas ça génial du tout. J’entendais déjà ma Mamy (adorées, certes) m’appeler 3x par jour pour je passe chercher la soupe qu’elle m’a préparée ou la mousse aux framboises qu’elle m’a faite pour le goûter… J’imaginais déjà mes parents et ma frangine (chéris, eux aussi !) commenter ce que je fais sur ma terrasse et avec qui surtout… Non, merci, vraiment. Pour une semaine de vacances, no problemo. Mais pour la vie, la vraie, impossible.

Espionnage continu !

J’ai pensé à ma psy qui passe son temps à dire qu’il faut s’éloigner pour grandir. Ici, elle aurait de quoi faire. Plus clanique que ça, tu meurs. J’ai eu droit à un coucou du Pépé derrière sa fenêtre. J’ai observé ses nièces manger les chocolats apportés avant de s’enfuir de leur côté du jardin. J’ai même eu à mes basques le chien des parents partis en week-end et confié à leur fille. Mais comment respire-t-on là-dedans ? Et si jamais, elle avait envie de fumer nue au soleil ? Ou de recevoir un inconnu, comme ça, juste une fois, pour le plaisir ? Affreux.

Elle, elle n’y voit que des avantages…

Chacun à son tour fait les courses pour les autres familles. Chacun à son tour arrache les mauvaises herbes au jardin. Chacun à son tour va nettoyer chez les grands-parents. Ils ont un calendrier qui organise la vie des 4 familles. Gain de temps et gestion de tout.

Viva la libertà !

En rentrant chez moi, au volant de mon auto, je me suis dit que mon indépendance, j’y tenais tellement. Et même, j’en étais fière. Oui, je préfère être débordée et désorganisée souvent mais conserver ma bulle de liberté. Planter mes campanules là où bon me semble, passer faire des coucous spontanés à ma grand-mère et aller aux courses sans risquer de me faire engueuler par personne si j’ai pris des yaourts vanille plutôt que fraise. La clef du bonheur est un peu, aussi, la clef de son chez soi, non ?!


Retour aux nouvelles