Mila : « Un incroyable trésor tombé du ciel, devant ma porte ! »

08-01-21

J’ai récupéré l’autre jour un fauteuil que le voisin avait mis sur le trottoir. Pas un fauteuil en tissu tout rabougri. Non. Un fauteuil chic et « proute ma chère ».

Un fauteuil style Napoléon III, comme on en voit dans les châteaux qu’on visite l’été, notre appareil photo à la main. Une large assise encadrée d’accotoirs en bois travaillé, un haut dossier orné d’une sculpture de bois, des pieds galbés à enroulement et un tissu tout bordé de clous.

Premier câlin

J’ai quand même sonné chez mon voisin pour être sûre qu’il se débarrassait bien du fauteuil. On ne sait jamais. Qu’il lui ait fait prendre un peu l’air? Mais il était ravi qu’il dégage si rapidement. Il m’a quand même demandé si j’avais bien vu qu’il était abîmé. Pas grave. Je l’ai pris dans les bras (les fauteuils, on peut) et je l’ai posé au milieu du salon. Histoire de l’ausculter en détails.

Il en a vu, des fesses !

Le tissu qui couvrait l’arrière du dossier était tout arraché. Tout sorti des clous qui étaient censés le tenir bien tendu. L’assise rencontrait le même problème par endroits. Tissu effiloché et décousu. Et puis la couleur de cette dernière était passée et le peu de tissu des accotoirs était complètement usé. Je ne le sentais plus non plus très rembourré sous mon popotin. Trop de coudes et de fesses avaient eu raison de lui. Mais le bois était nickel. Un peu trop brun foncé à mon goût mais en parfait état.

Le restaurer ou lui laisser sa patine ?

J’ai décidé de le laisser là, près du canapé, et de réfléchir tranquillou aux différentes possibilités qui s’offraient à moi. Aucune envie de dépenser des mille et des cents pour retaper ce fauteuil tombé du ciel mais certaine de trouver un bon plan en chemin. En même temps, je me dis que son charme est peut-être justement là : dans les affres du temps qui passe. Ça fait un peu artiste débraillé. Typiquement le genre de siège qu’on trouverait dans l’atelier d’un peintre frappé de génie.

Mon chat, cet aristo…

Quoi qu’il en soit, trois jours que le fauteuil est au salon. Et trois jours que le chat a élu domicile sur le tissu rouge et bigarré. Et il ne joue pas les timorés. Je ne le retrouve pas gentiment couché en boule. Monsieur s’étire. Monsieur s’étale. Monsieur se met à l’aise. Incroyable mais vrai : il n’a plus été se coucher ailleurs depuis que le fauteuil a fait son entrée à la maison. Peut-être une manière de me faire comprendre qu’il aurait nettement préféré s’appeler Napoléon que Pop-Corn. Qu’il est un conquérant également et qu’il a enfin un siège digne de lui. Ou qu’il a l’âme d’un Toulouse-Lautrec lui aussi. Et qu’il est en fait le cousin des Aristochats. Allez savoir.

Ce qui est sûr, c’est qu’il est heureux de ma trouvaille. Comme quoi ! Les trésors sont parfois juste devant notre porte !


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