Mila : « Pourquoi je n’ai vraiment pas aimé cette maison hors de prix… »

Hier soir, nous avons été souper chez un lointain cousin de mon amoureux. Sur la route, il m’a raconté à quel point leur maison était belle. Quartier super chic, immense villa 4 façades, jardin arboré, piscine. Je l’ai écouté me vendre chaque parcelle, chaque m2 de leur maison. J’étais curieuse de voir ça.

Le bout d’une rue. Une barrière blanche électrique. Et, là, en contrebas, une maison. J’ai regardé l’homme. « C’est là ? ». « C’est là !». C’est dingue comme l’intonation qu’on place dans une phrase faite de mêmes mots peut signifier tout autre chose.

Déjà, il fallait être un as du volant pour parvenir à passer la grille en une fois. Le tournant était si violent que moi, j’aurais dû m’y reprendre à 3 fois pour passer le portail. Et puis, quand on avait réussi cette épreuve-là, on se retrouvait sur une pente de pavés dont la déclivité donnait le vertige. On a ainsi longé le côté droit de leur maison pour descendre la longue, très longue pente qui menait au parking arrière.

Non, pas pour moi…

Je n’étais pas encore aux trois quarts de celle-ci que déjà, je n’en voulais plus, de leur maison. Pas qu’ils me l’aient proposée en héritage, mais on joue beaucoup à ça, avec mon amoureux. On se balade et on choisit les habitations dans lesquelles on s’imagine bien habiter. Et pour cette maison-ci, la sentence était, me concernant, irrévocable.

Pour couronner le tout, l’allée de pavés se terminait pile poil au bord de leur piscine. Pas le moindre muret ou arbuste pour séparer la fin de la pente de la piscine. Autrement dit, avec un peu de distraction ou de malchance, l’auto risque directement de plonger au fond du bassin. Je n’étais pas encore sortie de la voiture que je barrais cette villa de notre liste des possibles. Ja-mais !

J’ai définitivement été dégoûtée lorsqu’il a fallu remonter cette pente monstrueuse pour accéder à la porte d’entrée. En talons aiguilles et les bras chargés, j’ai galéré à escalader tout ça. J’étais si penchée en avant pour avancer que j’ai failli finir le nez dans la crème fraîche de mon gâteau. Perplexe. Comment mon amoureux avait-il pu croire une seule minute que cette baraque allait me plaire ?

J’ai des goûts simples…

Ma maison chérie n’est pas dans un quartier chic, c’est sûr. Ce n’est pas une immense villa 4 façades. Et il n’y a ni piscine, ni jardin arboré tout autour. Mais purée, quand je rentre chez moi, je me gare tout gentiment devant, sans devoir faire la moindre manœuvre. J’ai 2 mètres à faire et je peux glisser la clef dans la porte. Et en cas de neige ou de verglas, je ne risque ni de déraper sur 16 mètres d’une pente folle, ni de finir par mourir congelée au fond d’un bassin d’eau. Et ça, on pourra me dire ce qu’on veut, ça vaut son pesant d’or !


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