Mila : « L’idée d’une armoire piégée me plait beaucoup ! »

19-08-20

Quand je suis en vacances, j’aime explorer les châteaux alentours. L’autre jour, alors que je flânais dans les pièces d’une majestueuse bâtisse datant du 15e siècle, je suis tombée sur une armoire gigantesque.

Arpa Sarian

Le genre d’armoire qui ne passerait plus dans les maisons actuelles, aux plafonds bas, bien trop bas. Le meuble, tirant sur le rouge, était travaillé de partout. Les ciselures, tout en finesse, dessinaient de véritables dentelles dans le bois. Mais l’intérêt de l’armoire, sa particularité, résidait ailleurs

Une armoire de… pirate !

C’est une armoire de pirate : quand vous tentiez d’en ouvrir la porte, une lame en sortait et c’en était fini de vous. J’ignore comment fonctionnait exactement le mécanisme : avec le covid, pas de visites guidées et je n’ai donc pas pu en savoir plus. La lame tombait-elle dans un mouvement de balancier, pour être sûre de vous couper les mains et le nez ? Ou plusieurs lames s’avançaient-elles pour vous embrocher en vous perforant l’estomac ? Mystère. Mais l’idée m’a plu.

L’interdit suscite l’envie ?

Pas que j’aime voir les gens finir sur des brochettes ou coupés en rondelles de saucisson. Mais j’aime l’idée de l’interdit. Petite, j’avais un cahier-secret. J’adorais le bruit sec que faisait le minuscule cadenas quand je le fermais. Après, je prenais un malin plaisir à dissimuler la clef dans des cachettes incroyables. Je dois être une sorte de Barbe-Bleue, qui offre avec largesse mais prévient que si on s’aventure trop loin, on risque de le payer cher. Je me savais déjà sorcière, souvent. Je me suis découverte pirate, aussi.

Une armoire de terreur pour mes trucs perso…

Aujourd’hui, bien que je n’ai ni or, ni pierres précieuses à enfermer dans une telle armoire, l’idée même d’acquérir pareil coffre-fort me plaît encore. Comme un gosse, j’y enfermerais mes boîtes de cookies, ceux au triple chocolat et puis, ceux aux pépites et noix. Ils me goûtent mieux quand je les mange en cachette. J’y mettrais mes boîtes de souvenirs pleines de trucs qui ne valent pas trois chiques mais qui sont de précieuses machines à remonter le temps pour moi. Lettres d’amour, vieilles photos. Coquillages ébréchés, premières poupées. Oui, dans l’idée même du coffre de pirate, il y a l’idée des trésors d’enfance. « Et ça, j’achète », dirait l’autre.

Si le propriétaire veut bien se manifester…

Tout ça pour vous dire que j’ai trouvé ce meuble merveilleusement intrigant. J’aurais aimé savoir à qui il avait appartenu. S’il avait sillonné les mers dans l’antre du Capitaine Crochet ou s’il avait toujours été sur la terre ferme. On a beau dire, c’est très gai d’aller glaner sa nouvelle garde-robe chez le géant suédois, mais c’est vachement plus sexy d’acheter un meuble qui a une histoire. Bon, vous me direz, c’est sans doute un peu plus cher à acquérir aussi… mais ça doit pouvoir se négocier en cookies !


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