Mila : « Une sinistre découverte sous ma terrasse et ma cuisine… »

Sur la vieille terrasse, il y a une grande plaque en fonte à laquelle je n’ai jamais vraiment prêté attention. La table la couvre à moitié et les chaises finissent par la cacher presque complètement. Elle fait donc partie du décor. Sans plus. Bien sûr, il y a longtemps, je l’avais déjà soulevée pour inspecter les lieux.

Sous le couvercle, une sorte de puits profond d’un mètre et demi et pas plus large que la plaque. Une sorte de réservoir qui avait dû, dans le temps, se remplir des eaux de pluie. Mais la gouttière du toit qui plongeait autrefois dans le réservoir n’existe plus et seule une flaque noire brille désormais encore au fond du trou. On s’est donc dit que, puisqu’on allait refaire la terrasse, ce serait malin de réutiliser cet espace : une citerne, c’est écologique et économique.

Horreur, j’ai une citerne cachée !

Un des entrepreneurs contactés pour le projet a pris la peine de vraiment explorer l’espace. Et en réalité, les quatre murs ne descendent pas jusqu’au fond. L’un d’entre eux s’arrête à la moitié pour ouvrir sur un autre espace. Un deuxième réservoir qui, lui, s’étend carrément jusque sous la cuisine. J’imagine que certains d’entre vous auraient vu là une bonne nouvelle. Moi, ça m’a fait paniquer complètement.

Ainsi donc, le carrelage sur lequel je me tiens pour faire la vaisselle et éplucher les patates n’est pas pleinement ancré dans le sol. L’horreur. Moi, j’aime sentir la terre sous mes pieds. Alors, apprendre que tout ça repose sur du vide depuis tout ce temps ne me réjouit pas. Et imaginer que tout ça reposera bientôt sur de la flotte ne me réjouit pas plus.

Adieu, trou noir !

Vous savez que j’ai l’imagination fertile et une vraie facilité à penser les drames avant qu’ils n’arrivent. Et entre le sol de la cuisine qui s’effondre en pleine pâte à crêpes et l’eau qui s’infiltre tout partout entre les dalles de la nouvelle terrasse, je ne vois pas de scénario idéal. L’entrepreneur a expliqué qu’il faudrait en effet s’assurer de l’étanchéité des parois restées sèches des dizaines d’années. Et qu’il faudrait refaire le trop-plein et d’autres travaux de raccord encore pour sécuriser.

On rebouche tout !

Des options proposées, j’ai retenu le remblayage. Les puits sera rempli au fur et à mesure par la terre qu’il faudra évacuer quand on agrandira la terrasse. Je préfère, mille fois, que ce trou noir disparaisse. C’est dommage pour la citerne mais on pourra la repenser ailleurs, plus tard.

Entre temps, j’ai presque hâte que les travaux commencent. Je marche sur la pointe des pieds et ne poserai plus le moindre orteil sur cette plaque de fonte. J’ai pensé. C’est quand même une cachette incroyable pour tout malfaiteur qui se respecte. Un psychopathe pourrait s’y planquer (deux, même) et m’attraper par les chevilles pour me faire disparaître à jamais. « Le tueur de la citerne». Si l’affaire fera les choux gras de la presse, ça ne fera pas mes affaires à moi !


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