Google et Apple vont-ils utiliser vos données pour diminuer la propagation du coronavirus ?

Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) peuvent-ils aider à endiguer la pandémie de coronavirus ? C’est en tout cas une possibilité qu’explore actuellement le gouvernement américain, en discussion avec les géants du web autour de l’utilisation potentielle de données personnelles pour combattre l’épidémie de coronavirus.

Photo by Thom Holmes on Unsplash

Le projet consisterait à récolter des données de localisation à partir des smartphones des Américains et à les exploiter ensuite, de façon anonyme, pour cartographier la propagation de la maladie et, par exemple, anticiper les besoins médicaux urgents.

La santé avant la confidentialité ?

Le sujet de l’utilisation des données personnelles est sensible, après plusieurs scandales qui ont éclaboussé aussi bien les réseaux sociaux que des institutions fédérales comme l’Agence de sécurité nationale, la fameuse NSA. Mais la pression monte pour que les groupes de la Silicon Valley mettent leurs technologies au service de la lutte contre le coronavirus. Une cinquantaine de scientifiques ont ainsi signé une lettre ouverte les appelant à se mobiliser.

« Il est clair que des efforts à grande échelle par les plateformes technologiques pourraient faire pencher la balance du bon côté pour contenir la pandémie et sauver des milliers voire des millions de vies », écrivent ces médecins, épidémiologistes et chercheurs.

Entre autres suggestions, ils recommandent aux réseaux sociaux de diffuser des vidéos éducatives, à Uber de distribuer des produits désinfectants à ses chauffeurs et à Amazon de limiter le nombre de masques et de gels hydroalcooliques qui peuvent être vendus par personne. Quant à Apple et Google, « ils devraient intégrer au système d’exploitation des téléphones un outil de traçage, que les utilisateurs pourraient choisir d’activer, de façon anonyme, pour savoir s’ils se sont trouvés en présence de cas identifiés ». Les personnes pourraient ainsi se mettre en quarantaine si besoin et surveiller l’apparition d’éventuels symptômes.

« À plus long terme, un tel système permettrait de mieux contenir d’autres épidémies futures », ajoutent-ils. « Suivre à la trace les contacts entre les personnes a bien marché en Chine et en Corée du Sud, et un tel outil rendrait cette méthode utilisable partout, à grande échelle ». S’il venait à voir le jour en Europe, ce système devrait cependant se heurter à un obstacle de taille : le RGPD, à savoir le Règlement Général sur la Protection des Données…


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